L’irlande, mec

« Hey mec, on va en Irlande ! » (Fab, janvier 2010, à l’aéroport de Beauvais)

« Hey mec, tu vas en Irlande, respire un grand coup » (Petite voix de Boz, Lorient, base des sous-marins le 10/5/2012)

J’aurais jamais pensé qu’aller en Irlande pouvait être aussi intense ! Je peine encore à faire le point après ces 7 jours de mer. Au début, il ne passe rien, puis petit à petit, certains détails vous montrent qu’il s’est passé un truc. « Purée, pourquoi j’ai mal au dos »  » C’est quoi ces boutons sur les fesses » (oui 7 jours à barrer, assis sur un bateau, ça laisse des bobos incongrus). « Pourquoi Julien te réveilles tu en pleine nuit pour nous crier dessus de faire ta navigation ? » (dans la chambre d’hôtel de mes parents, lors de ma 2e nuit sur « terre »). Je refais le film de la navigation, je regarde google map « t’as été en Irland, mec ».

Finalement ces 7 jours ont passé vite. Rester sur un bateau en faisant du sommeil séquencé, c’est apprécier le temps différemment. C’est aussi savourer les quelques minutes de réseau GSM à communiquer avec mes précieux contacts à Terre : Matthieu et Lorraine. C’est débriefer l’air de rien avec son entraineur Jean. C’est dire toute la joie de passer du temps en mer, à vivre sa première traversée en solitaire, au large des belles scilly à ses parents, ses copains. C’est voir des larmes couler toutes seules, à la vue de la côte Irlandaise, belle, sous spi, au soleil, de penser à ses vacances dans le Conemara avec AP, Fab et Etienne. « T’as été en Irlande, mec ».

C’est râler à ne plus savoir sur qui, sur quoi ! C’est gérer un bout dehors qui se tord, un gennaker qui tombe à l’eau, un palan de GV qui se barre, un mariole qui empanne à 50m de Jojo le péchou, pour lui faire coucou. C’est avoir l’impression que nous ne sommes pas seuls sur le bateau. Combien de fois j’ai cru que Lorraine m’aidait à barrer, comme si nous étions en double….

Les souvenirs sont encore un peu en vracs, mais cette qualification est à coup sur un exercice qui permet de mieux se connaitre et de faire la connaissance de son bateau.  L’article de mon aventure détaillée viendra plus tard, il faut que je digère.

« Vous avez de l’aloplastine, Mme la pharmacienne ?

– vous venez de passer longtemps en mer ?

– heu oui, je faisais ma qualification à la mini transat

– ah et vous avez vos fesses malades ? Foutu marinos, mon ex faisait de la voile, j’en ai vu…. »

Elle ne croyait pas si bien dire, elle a volé les mots de la bouche de mes proches. Car oui, malheureusement, je n’ai pas terminé ce parcours qui s’est arrêté au 7jours, à la Rochelle, remorqué par la SNSM. Un coup de vent plus fort que prévu, des ennuis qui s’accumulent et puis surtout, comme un couillon, des gaz d’échappement dont on sous-estime la nocivité et hop voilà comment s’intoxiquer au monoxyde de carbone. Heureusement, plus de peur que de mal, mais je crois que j’en ai fait voir…

Certes subsistent de la déception, une bonne leçon mais au fond « t’as été en Irlande mec ».

Vous pouvez télécharger le rapport de mer, qui relate mon accident ici :

rapport de mer du 17 mai 2012 Mariole LS

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s